Dans l’épisode : Clément raconte son passage d'Antibes à Marseille, le test du matin en équipe de France, et l'analyste noyé sous les fichiers qui lui a donné l'idée de TeamHRV.
« C'est d'accepter quelquefois d'être moins bon, d'accepter d'aller moins vite, parce que ça se rattrapera toujours. »Clément Mignon
Tu te lèves les jambes lourdes. Piscine ce soir. Dans ta tête, deux options seulement : y aller comme prévu, ou rester au lit. Tu tranches au feeling, et tu culpabilises dans les deux cas. Tu as trois choix, pas deux : drainer, relancer, ou rester au sec.
Tu repars avec trois outils. Une ligne à écrire avant chaque séance, une grille pour choisir ta séance du jour, et une relecture de ta semaine pour repérer une fatigue qui s'installe. La grille s'inspire du suivi que Clément Mignon a connu en équipe de France, où un analyste qualifiait chaque matin le type de fatigue. Tu la testes sur toi, comme une hypothèse.
1. Écris ta ligne avant de prendre ton sac
Une ligne, quatre morceaux. Tu l'écris chez toi, avant de partir. Au bord du bassin, c'est trop tard : tu vois les autres enchaîner, et c'est ton ego qui choisit à ta place.
Le modèle vide est juste en dessous de la grille, dans le bloc à recopier. Voici à quoi sert chaque morceau.
Un seul mot pour ton état. Lourd, mou, cassé, en forme. Tu gardes les mêmes mots d'une semaine à l'autre, sinon tes lignes ne se comparent pas. Si ta montre affiche un score de forme, tu le notes à côté, mesuré au réveil, toujours au même moment.
La cause que ta montre ignore. La nuit, le travail, une mauvaise nouvelle, une séance dure la veille, des jours sans nager. Clément le dit clairement : l'application ne sait pas que tes voisins ont fait la fête. Il cite aussi le cycle menstruel, qui amène de grosses phases de fatigue sans lien avec l'entraînement.
Le choix écrit chez toi. Drainer, relancer ou rester au sec. Tu l'écris avant de partir, et tu nages ce que tu as écrit.
Deux mots en sortant. Envie de revenir, oui ou non. Douleur nouvelle, oui ou non. C'est ton critère de réussite.
Exemple de trace : « Je sens : lourd, score bas. Depuis la dernière séance : voisins en fête jusqu'à 3 h. Mon choix : drainer. Après : envie oui, douleur non. » Un score bas avec une cause connue ne pèse pas comme un score bas sans raison.
2. Drainer, relancer ou rester au sec
Fatigué, c'est un seul mot pour des états opposés. Un corps endormi ne se soigne pas comme un corps trop tiré. Chaque choix part donc d'un symptôme précis.
Drainer quand tu es lourd. Tu nages au train, en aérobie, sans chrono. Palmes ou pull-buoy si tu veux. En haut niveau, Clément cite une heure dans ce cas. Toi, tu restes sur ta durée habituelle ou en dessous. Tu ne sors pas au top, tu sors un peu plus délié.
Relancer quand le corps s'endort. Plusieurs jours sans vrai effort, et tu te sens mou plus que fatigué. Là, rester tranquille entretient la stagnation. Tu nages ta séance habituelle avec quelques efforts francs dedans, pour réveiller le cœur.
Rester au sec quand tout coince. Le réveil devient une lutte, chaque séance est une corvée, une épaule ou un genou commence à tirer. Tu restes chez toi, tu marches, tu te reposes. Nager quand même rallonge la pause qui viendra ensuite.
Tu hésites entre deux choix. Tu peux prendre le plus doux, puis regarder ta ligne suivante. Une erreur de prudence coûte une séance. Une erreur d'orgueil peut coûter des semaines.
3. Relis tes sept derniers jours d'un coup
Une ligne seule ne montre pas une fatigue qui s'installe. Sept lignes, si. Clément décrit le piège : chaque séance un peu moins bonne que la précédente, pendant que tes chronos montent encore, parce que ta technique progresse. Tu crois monter, et tu creuses une dette. Une fois par semaine, tu relis tes lignes à la suite.
Chronos en hausse, réveil plus dur. Les deux ensemble, c'est le profil de la dette de fatigue. Tu peux alléger la semaine suivante, avant que ton corps ne le décide pour toi.
Une douleur après une séance forcée. Tu remontes à la ligne de la veille. Si tu avais écrit lourd et que tu as tapé dans les chronos quand même, tu tiens la cause.
Plusieurs envies à non. Tu viens sans plaisir depuis plusieurs séances. Quelques jours de moins bien, Clément parle de un à quatre, ça se rattrape. Un mois forcé sur la fatigue, il le dit : soit tu te blesses, soit tu es à plat.
Une semaine qui roule toute seule. Profites-en. La suivante, au lieu de charger encore, tu peux donner du temps aux points techniques laissés de côté.
Chez toi, avant de partir, recopie la ligne et remplis les trois premiers morceaux. Au bassin, tu nages la séance que tu as écrite, pas celle des autres. En sortant, tu ajoutes l'envie et la douleur, et c'est réussi si tu notes envie oui, douleur non.