Logo Swim Smart
Swim Smart
Épisode 238 • Technique : Respiration & Alignement

Une longueur sans compter
pour respirer quand tes poumons sont vides

Avec Ermanno Di Miceli 15 juillet 2026 99 min Technique : Respiration & Alignement
ED
L'invité de cet épisode

Ermanno Di Miceli

animateur du podcast Devenir Triathlète, coanimateur de la journée

Ermanno a découvert le triathlon à seize ans, à Rouen, après avoir vu une pancarte à la piscine. Il devait s'inscrire avec un ami, il y est finalement allé seul. Il en fait depuis 1996.

Au lac de la Liez, il a passé la journée entière au micro avec moi, et il a suivi la course du format L depuis le bateau.

Dans l’épisode : Tu y entends la journée au bord du lac : l'organisateur qui monte sa course, un père fier de son fils de six ans, et un cycliste qui gagne son premier triathlon en attendant sa prothèse.

« Je respire quand j'en ai besoin, quand mes poumons sont vides. »Ermanno Di Miceli

Tu sors de l'eau. Tu as respiré en trois temps toute la séance, comme on te l'a appris, donc tu te dis que c'est la bonne façon de nager. Nager en trois temps n'est pas un problème. Le repère qui compte, c'est pas le nombre de temps, c'est le moment où tu tournes la tête.

Ce moment, c'est celui où tes poumons sont vides. Une seule longueur suffit pour le trouver, sans rien compter. Voici comment la préparer, ce que tu surveilles pendant, comment lire ce qui s'est passé au mur, et comment garder le trois temps si tu y tiens.

1. Avant ta longueur, trois choses à poser

Au bord du lac de la Liez, à la sortie de l'eau du format M, presque tous les nageurs respiraient en trois temps. C'est souvent ce que transmet la formation en club, et c'est une base solide. La longueur qui suit ne cherche pas à la remplacer. Elle te montre ce que ton corps demande quand plus personne ne lui impose un compte.

Une fois échauffé, pas avant. Place ta longueur après ton échauffement, quand ton souffle s'est posé. En début de séance, l'essoufflement de la mise en route brouille le signal.

Une allure que tu tiendrais longtemps. Ni lente au point de te traîner, ni vive. Choisis-la pour pouvoir la refaire à l'identique la semaine suivante.

Rien à compter, rien à tenir. Tu laisses de côté le trois temps, le deux temps, tout chiffre. Ta tête ne surveille qu'une chose, l'air dans tes poumons.

2. Pendant la longueur, suis l'air qui sort

Le repère tient en une phrase. Tu tournes la tête quand tes poumons sont vides. Pour sentir ce vide, c'est ton expiration qui fait tout le travail.

Souffle dès que ton visage entre. Laisse l'air sortir en continu dès que ton visage est dans l'eau. Si tu le bloques jusqu'à la rotation, tu tournes avec de l'air encore dedans.

Tourne quand plus rien ne sort. Au moment où il n'y a plus d'air à souffler, tourne. L'inspiration arrive en réflexe, complète, sans que tu ailles la chercher.

Respire si le besoin arrive tôt. Si l'envie d'air tombe dès le deuxième mouvement de bras, respire. Tu prends ton air quand tu en as besoin, pas quand un compte te le dit.

Ne retiens pas pour faire durer. Garder l'air au-delà de ton besoin, c'est de l'apnée. Tu ne cherches pas à espacer tes respirations, tu cherches à les rendre pleines.

Une seule longueur, puis tu t'arrêtes au mur. Pas de deuxième essai enchaîné pour corriger. Tu lis d'abord ce qui s'est passé.

3. Au mur, lis ce que ton souffle t'a dit

Tu ne regardes pas un chiffre. Tu regardes une sensation, juste après avoir touché le mur, et elle tombe dans l'un de ces trois cas.

L'air est entré tout seul. Tu as tourné au bon moment. Ton inspiration était ample, sans effort pour aller la chercher. Tu tiens ton repère.

Tu as dû aller chercher l'air. Tu as tourné avec de l'air encore dedans. Sur ta longueur suivante, commence à souffler plus tôt, dès l'entrée du visage.

Tu voulais couper avant le mur. Tu as retenu au-delà de ton besoin. Respire dès que l'envie arrive, même si ça te paraît souvent.

Ce signal bouge avec l'allure. En course à pied, tu ne respires pas pareil en marchant et en sprintant, et ton corps ajuste sans que tu y penses. Dans l'eau c'est la même chose. Garde donc ta même allure tranquille d'une séance à l'autre, pour comparer ce qui est comparable.

4. Si tu tiens au trois temps, garde-le

Le trois temps a un vrai avantage. Tu respires une fois à droite, une fois à gauche, donc tu gagnes en symétrie et en équilibre. Si c'est ta raison, elle tient. Une fois le signal du vide reconnu, tu ne forces pas ta fréquence, tu règles le débit de ton expiration pour que le vide tombe au troisième mouvement.

Vide avant le troisième mouvement. Ralentis ton expiration. Souffle plus doucement pour que l'air dure jusqu'à la rotation.

Encore de l'air au troisième. Souffle plus franchement pendant les deux premiers mouvements. Sinon l'inspiration reste courte et l'essoufflement monte.

Toujours oppressé après quelques longueurs. Repasse sur ton signal naturel. C'est pas un échec, c'est le réglage du jour.

À ta prochaine séance
Une longueur sans compter, poumons vides

Après ton échauffement, nage une seule longueur à allure tranquille, souffle dans l'eau en continu et tourne la tête uniquement quand tes poumons sont vides. Ça a marché si l'air entre tout seul et que tu touches le mur sans envie de couper.

Pour aller plus loin

Les épisodes en lien

Épisode 218 · 6 mai 2026
De la ligne zéro au championnat du monde de swimrun
Avec Ermanno Di Miceli
Interviews : Parcours & RésilienceÉcouter →
Épisode 236 · 8 juillet 2026
Nager en eau libre le test qui commence en piscine
Milieu Naturel & Eau LibreÉcouter →
Épisode 266 · 4 novembre 2026
Le BNSSA devient SSA repère qui surveille ton bassin
Avec Jean-François Druon
Interviews : Experts & Haut NiveauÉcouter →