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Épisode 252 • Milieu Naturel & Eau Libre

Lever la tête en eau libre
sans t'arrêter de nager

Avec Sarah Maalej 27 août 2026 53 min Milieu Naturel & Eau Libre
SM
L'invité de cet épisode

Sarah Maalej

Juriste et nageuse d'eau libre sur longues distances

Sarah Maalej est juriste en droit médical et pharmaceutique. Elle entre en club à Albertville vers 12 ans, monte jusqu'au niveau national en dos, puis lâche tout en fin de lycée, par trop-plein du bassin.

Revenue à l'eau pendant ses études de droit, elle découvre la mer et finit par y nager 35 km en 11 h 30 à Marseille. Elle vise maintenant Gibraltar, la Manche et l'Enduroman Arc to Arch.

Dans l’épisode : Sarah raconte ses deux années sans vouloir voir l'eau, le bonus sport de la fac qui l'a ramenée au bassin, et cette première sortie en mer qu'elle a détestée.

« Il y a beaucoup de personnes qui n'arrivent pas à relever la tête et à continuer de tracter l'eau. »Sarah Maalej

En mer, il n'y a pas de ligne au fond. Pour savoir où tu vas, tu lèves la tête. Et beaucoup de nageurs, à ce moment-là, s'arrêtent net. Sarah Maalej le voit souvent : ils n'arrivent pas à relever la tête et à continuer de tracter l'eau en même temps.

Ce geste se construit en piscine, dans un couloir où l'eau ne bouge pas. Tu trouves ici l'enchaînement d'exercices que Sarah pratique, la façon de le placer dans ta séance et un repère chiffré qui te dit si tu progresses.

1. Porter ta tête avec le crawl polo

En bassin, tu suis ta ligne, tu comptes les carreaux, le mur arrive et tu tournes. Ta tête reste dans l'eau d'un bout à l'autre. Elle n'a jamais eu à regarder devant pendant que les bras tournent.

Le crawl polo, c'est le crawl des joueurs de water-polo, tête hors de l'eau. Dans cette position, tu arrives à tenir ta tête sans réfléchir. C'est ta première marche, et Sarah y revient très régulièrement.

25 polo, 25 classique. Tu nages 25 mètres de crawl polo, puis 25 mètres de crawl classique. Tu répètes l'enchaînement plusieurs fois dans la même série.

Le passage d'une position à l'autre. L'alternance compte autant que le polo lui-même. En mer, tu relèves la tête, puis tu la reposes, puis tu la relèves. Ton corps apprend ici à passer de l'une à l'autre sans casser son rythme.

Tu vérifies que tu avances. Sur la longueur de polo, une seule question à te poser : est-ce que le mur se rapproche franchement. Si tu fais du surplace, tes bras servent à tenir ta tête au lieu de te faire avancer. Ralentis et cherche l'eau devant toi.

Le crawl polo garde la tête haute en permanence. Il te donne la force du cou et des épaules. Il ne t'apprend pas encore le vrai geste de l'eau libre, ce regard bref glissé au milieu de ta nage normale.

2. Respirer devant au milieu de ta nage

En mer, tu ne lèves la tête qu'un instant, pour accrocher la bouée ou le bout de la digue. C'est cet instant-là qui fait arrêter les nageurs. Sarah le travaille avec un cycle simple, que tu peux reprendre tel quel.

Gauche, droite, puis devant. Trois coups de bras, tu respires à gauche. Trois coups de bras, tu respires à droite. Au coup de bras suivant, tu respires devant, et tu repars sur un nouveau cycle.

Tracter pendant que tu regardes. Quand ta tête monte, le bras qui est dans l'eau continue de tirer. Tu regardes et tu avances en même temps. Si tu sens que tu freines, ta tête reste haute trop longtemps : un coup d'œil suffit.

Un repère au bout du couloir. Choisis un point fixe au bout du bassin et cherche-le à chaque respiration devant. Tu donnes à ta tête une vraie raison de monter, comme en mer avec une bouée.

Espacer avant de resserrer. Sarah propose aussi de lever la tête tous les trois à six coups de bras. Tu peux choisir de commencer tous les six, et de resserrer quand tu ne ralentis plus.

3. Garder tes deux côtés pour le jour des vagues

En mer, ta respiration de côté ne t'appartient plus vraiment. Si les vagues arrivent de la gauche, tu respires plutôt à droite pour ne pas les prendre en plein visage. À force de respirer toujours du même côté, Sarah voit arriver des déséquilibres, des petites douleurs, parfois des tendinites.

Ton regard devant s'insère entre deux respirations de côté. Plus tu as de choix sur les côtés, plus ce regard trouve sa place facilement.

Un côté par longueur. Tu nages 25 mètres en respirant seulement à gauche, puis 25 mètres seulement à droite. Ton côté faible arrête d'être un côté de secours.

Le deux temps aussi. On apprend presque tous à respirer tous les trois coups de bras. En eau libre, on nage le plus souvent en deux temps. Entraîne-toi aux deux rythmes, des deux côtés.

Des bras qui tournent vite. En mer, on tourne les bras un peu plus vite. L'eau salée te porte et tes mains y accrochent l'eau plus facilement. Glisse des passages où tu tournes les bras très vite : en mer, tu sentiras plus de puissance.

Pour le rythme, ça dépend de toi. Certains nagent encore en trois temps en mer et s'y trouvent bien. L'idée, c'est d'avoir le choix le jour où les vagues décident à ta place.

4. Placer tout ça dans ta séance

Sarah nage depuis vingt ans et elle fait encore des éducatifs à chaque séance, entre l'échauffement et le corps de séance. Les exercices de lever de tête prennent cette place-là. Ils se mesurent avec un outil que tu as déjà : tes coups de bras.

Juste après l'échauffement. Tu places la série quand tu es chaud, mais pas encore fatigué. Un regard devant se travaille mal quand les épaules sont déjà lourdes.

Deux comptes à noter. Compte tes coups de bras sur un 25 mètres de crawl classique normal. Puis sur un 25 mètres où tu respires devant à chaque cycle. Note les deux chiffres.

La comparaison d'une séance à l'autre. L'écart entre les deux comptes, c'est ce que te coûte ton regard devant. Tu le suis séance après séance. Quand il se réduit, ta tête ne freine plus ton avancée.

En mer, un seul objectif. Sarah préfère faire ses éducatifs dans un bassin où l'eau ne bouge pas. En mer, tu as déjà de quoi faire : t'orienter, rester calme, ne pas boire la tasse. Tu peux décider de n'y tester qu'une chose, lever la tête vers la bouée sans t'arrêter.

À ta prochaine séance
Quatre fois 50 pour regarder devant

À ta prochaine séance, après l'échauffement, nage quatre fois 50 mètres : 25 mètres de crawl polo, puis 25 mètres de crawl classique en respirant devant après chaque cycle gauche, droite. Termine par deux longueurs comptées, une en crawl normal, une en respirant devant, et note les deux nombres de coups de bras. Ça a marché quand tu ne t'es arrêté sur aucune longueur, et quand l'écart entre tes deux comptes diminue à la séance suivante.

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