« Ça fait trente ans que je vais à la bouée, donc tant que je peux y aller, ça veut dire que je suis en forme. »
Olivier Jamann connaît ce raisonnement par cœur. Sa réponse tient en une phrase : la bouée, elle, n'a pas bougé. Mais nous, on a évolué.
Cette page ne raconte pas l'épisode, l'audio s'en charge. Elle rassemble ce qu'Olivier regarde avant de se mettre à l'eau, pour que tu l'aies sous la main avant ta prochaine sortie en eau libre.
1. Les quatre vérifications avant de partir
Aucune ne demande de matériel ni de temps. Elles demandent seulement de se poser avant d'entrer dans l'eau, au lieu de se fier à l'habitude.
Quelqu'un est avec toi, ou sait où tu es. C'est le premier levier d'Olivier, et il ne le discute pas : ne jamais y aller seul. Une crampe, un malaise, une vague que tu n'attendais pas, et tout se joue sur la présence de quelqu'un qui peut appeler ou venir. Il y ajoute une raison qu'on oublie : se donner rendez-vous pour nager, c'est aussi garder un lien quand la chaleur enferme tout le monde chez soi.
Tu nages avec le corps que tu as aujourd'hui, pas celui de l'an dernier. Une mauvaise nuit, une chaleur qui dure depuis des semaines, une journée où tu as peu bu : Olivier décrit le matin où l'on se dit « j'y vais maintenant, après il fera trop chaud », alors qu'on n'est pas en forme. Ce jour-là, tu peux choisir de raccourcir, de décaler à la fin de journée, ou de marcher dans l'eau au lieu de nager. C'est toujours une activité physique.
On te voit. La bouée de nage en milieu naturel ne sert pas qu'à toi. Elle sert à tous ceux qui partagent l'eau avec toi, de la pêche au kitesurf. Olivier le rappelle : dès qu'un accident arrive dans l'eau, même un choc avec une planche, on parle de noyade.
Tu connais le lieu tel qu'il est aujourd'hui. Les fonds bougent. Un rocher s'est déplacé, le banc de sable sur lequel tu comptais a disparu après un coup de mer. Ton repère habituel n'est pas une garantie, il est à revérifier.
2. Le bassin et le lac ne sont pas la même route
Olivier prend l'image du vélo. Tu fais du vélo sur un chemin au bord d'un ruisseau, ou sur une route avec de la circulation : c'est le même geste, mais pas la même attention. Nager en piscine et nager en lac, c'est pareil.
Ce qui change n'est pas seulement la température. Tu ne vois plus tes pieds ni le fond. Il n'y a ni mur, ni ligne d'eau. Les vagues et le courant arrivent sans prévenir. Et il y a le facteur qu'aucune séance en bassin ne travaille : l'émotion. Olivier le dit sans détour, un très bon nageur de piscine peut se retrouver en difficulté en milieu naturel.
Le geste qui en découle est simple : décide avant de partir du signal qui te fera rentrer. Un essoufflement qui ne redescend pas, une panique qui monte, un froid qui s'installe. J'ai fait demi-tour au bout de dix minutes lors d'une de mes premières sorties seul en eau libre, et j'ai hésité à le montrer. Olivier y voit exactement le message à passer : savoir dire stop, rentrer, et revenir demain.
3. L'été se prépare en octobre
Le nageur qui ne nage qu'en juillet et en août reprend chaque été avec un corps qui a changé depuis l'été précédent. La continuité est ce qui protège le premier jour de la saison. Pas besoin d'aller au lac le 31 décembre : la piscine, les activités de maintien de la forme et les nouvelles pratiques d'hiver suffisent à ne pas repartir de zéro.
Olivier le formule autrement pour les parents : la prévention commence maintenant, au moment où l'on peut encore inscrire un enfant pour apprendre à nager, pas au mois de juillet.
4. Si tu as un ado à la maison
Cet été, Olivier a vu les adolescents chercher des coins de baignade en rivière et en lac, et sauter de plus en plus haut pour les réseaux. Tu ne seras pas derrière lui au bord de l'eau. Tu peux en revanche lui donner trois repères avant qu'il parte.
Ne pas sauter après avoir attendu longtemps au soleil. Vingt minutes sur un rocher à discuter, le corps chauffe, et l'entrée dans l'eau froide provoque un choc thermique. Vérifier la profondeur, parce que les fonds changent d'une année à l'autre. Regarder qui est en dessous, nageur ou canoë. Et le message d'Olivier, à dire tel quel : amusez-vous, mais rentrez.
5. Savoir porter secours
C'est ce qui a le plus marqué Olivier avant l'été : une personne qui est intervenue auprès d'un jeune enfant dans l'eau, et que le fait d'avoir pu agir a aidée à vivre l'après. On peut tous être un maillon de la chaîne.
La première marche est courte. La FFSS propose les Gestes qui sauvent, une initiation de deux heures ouverte dès dix ans, et le Premier secours citoyen pour le grand public. Deux heures, c'est moins qu'une séance longue.
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