300 mètres d'échauffement, 200 d'éducatifs, 2 fois 100 en zone 3, 4 fois 50 en sprint, 100 de récupération. Mille mètres. Je l'ai trouvée sur Instagram, avec plus de 7 000 j'aime et une promesse au-dessus : bosser ta technique, ta glisse et ta vitesse. Tu l'as peut-être enregistrée.
Ça ressemble à une séance, et ça n'en est pas une. Elle a deux problèmes. Elle a été écrite pour quelqu'un d'autre. Et telle qu'on te la donne, elle n'est écrite pour personne.
Écrite pour quelqu'un d'autre
Cette séance a été faite par quelqu'un, pour quelqu'un. Quelqu'un qui travaillait un élément précis, avec une histoire, un vécu, un cycle d'entraînement qui n'est pas le tien. Pour planifier une saison, on part du très général et, petit à petit, on se recentre sur l'objectif final. Une séance est un moment de ce chemin-là.
La personne qui l'a écrite sait où elle en est dans sa saison, ce qu'elle travaille, ce qu'elle vise et ce qu'elle a travaillé avant. Elle sait pourquoi sa séance est cohérente. Toi, tu ne le sais pas.
Adapter : plus dur, ou plus complexe
Quand tu as une séance ou un exercice devant toi, tu as deux leviers pour l'adapter, et chacun marche dans les deux sens.
Plus dur : tu fais la même chose, plus longtemps. Tu as fait 10 kilomètres à vélo, tu allonges la distance.
Plus complexe : tu fais la même chose, en ajoutant un élément. Tu refais tes 10 kilomètres, et par moments tu lâches une main.
Et selon ton niveau, l'adapter, c'est parfois la rendre moins dure, ou moins complexe.
Adapter, c'est trouver ce qui est à ton niveau. En pédagogie, on appelle ça le décalage optimum : juste un petit peu plus dur, juste un petit peu plus complexe. Pour le trouver, il faut savoir d'où tu pars. C'est pour ça que je t'ai parlé pendant quatre semaines de tests, les coups de bras, le SWOLF, la vitesse critique : ils te donnent ton état des lieux.
Le danger d'une séance qui n'est pas adaptée à toi : tu ne progresses pas, et à moyen ou long terme tu abandonnes. Ça, c'est le meilleur des cas. Au pire, tu te blesses.
Écrite pour personne
Elle a un échauffement, une partie technique, une série, une récupération. Ce qui lui manque, c'est une intention, un fil rouge. Faire 100 mètres d'éducatifs, ce n'est pas travailler. Tu travailles quand tu choisis un élément, et les éducatifs qui vont avec.
La première question à poser à une séance : quel est son objectif ? Si tu n'arrives pas à le dire, elle n'est faite ni pour toi, ni pour personne. Et « travailler sa vitesse », ce n'est pas un objectif.
Autre problème : 300 mètres, avec plein d'éducatifs différents dedans. L'apprentissage de la natation, c'est la répétition. Tu dois faire et refaire, parce que c'est ce qui te permet d'ajuster et de ressentir.
Dernier élément qui manque : un critère de réussite. Quelque chose que tu peux mesurer ou constater, et qui te dit si tu fais ce que l'exercice demande.
L'exemple du rattrapé, dans une séance sur tes appuis.
Critère 1 : tes mains se touchent devant avant de repartir. Ça touche, ou ça ne touche pas : tu le sais en nageant.
Critère 2 : ton pouce vient toucher ta cuisse à la sortie.
Là, tu as une séance : tu y as mis une intention, un objectif et des critères de réussite.
T'inspirer, sans copier
Le but n'est pas d'arrêter de regarder les séances des autres. Continue : elles te donnent de la variété, de l'intérêt, de l'inspiration. Ce qui te fait revenir nager, c'est le plaisir, le fait de voir que tu progresses, et la variété.
Copier, c'est prendre la séance et la nager telle quelle. Tu ne progresses pas, tu t'ennuies, et au fil du temps tu abandonnes. T'inspirer, c'est te demander comment tu peux l'adapter : est-ce que 1 000 mètres, c'est adapté pour moi ? Des éducatifs, mais lesquels ? Pour quel objectif ?
Trois questions, avant d'enregistrer une séance.
1. À quoi elle sert ?
2. Qu'est-ce que tu cherches en la nageant ?
3. À quoi tu vois que c'est réussi ?
24 séances écrites autrement
Ce tri, tu peux le faire toi-même, séance par séance. C'est du travail, et c'est le mien : je le fais chaque mois pour les plans des abonnés Premium. En ce moment, je le fais pour 24 séances, celles du Calendrier Swim Smart.
Le principe : chaque jour, du 1er au 24 décembre, une carte avec la séance d'un invité du podcast, une séance qui l'a marqué. Et à côté, mon regard de coach : ce que tu travailles, et comment l'adapter à toi.
La version gratuite : tu reçois chaque matin la séance d'un invité, par mail. L'inscription est en bas de la page du calendrier.
Les cartes et le calendrier Premium se réservent sur la même page, jusqu'au 31 octobre.
De quoi te donner envie de nager, mais pas de nager n'importe comment.