Dans l’épisode : Tu entends comment je découpe ma propre préparation d'un trail de 70 km en cycles, avec une première course officielle, puis une course en solo pour travailler le mental.
« Tu ne vas pas te dire, allez, je le fais la semaine prochaine. Non, tu vas le construire sur la durée. »
Ton bilan est écrit. Tu sais où tu as calé, ce qui a marché, ce que tu as aimé et ce qui t'a pesé. La tentation, c'est de le ranger et de te dire que septembre s'organisera tout seul. Relu un crayon à la main, ce bilan te donne ton objectif de la saison et le point exact d'où tu pars.
Il te reste une séance pour le compléter : un test simple, à nager tel quel, qui transforme ton ressenti en chiffre. À partir de ce chiffre, ta saison se découpe en cycles, avec un rendez-vous au bout de chacun.
1. Trois questions à poser à ton bilan
Un bilan brut, c'est une liste. Pour en tirer ta saison, tu le relis en cherchant trois choses. Pas pour te juger. Pour savoir sur quoi construire.
Ce que tu as vraiment aimé. C'est la question qui pèse le plus. Un défi réussi qui ne t'a pas plu ne mérite pas d'être reconduit, même bouclé.
L'endroit où tu as calé. Une distance, une période, un moment de la saison. Tu l'écris noir sur blanc pour ne pas refaire la même erreur.
Ton objectif était-il trop court. S'il est tombé sans vraie difficulté, tu le notes aussi. Le prochain se place plus loin.
Tu as nagé une course en eau libre de 2 km et tu ne l'as pas aimée : repartir sur la même chose ne sert à rien. Ton premier triathlon t'a plu, sauf le vélo : un swimrun devient une piste à regarder.
De ce tri sort un seul objectif principal. Moi, je milite pour un seul, placé loin, avec des objectifs intermédiaires qui m'y amènent. Deux objectifs principaux, ce sont deux directions, et tes cycles finissent par tirer chacun de leur côté.
2. Ton test de départ, à nager dès ta prochaine séance
Ton bilan dit ce que tu as ressenti. Pour planifier, tu as besoin d'un point de départ chiffré. C'est le rôle de ce test : une nage continue, à ton allure, jusqu'à ce que tu doives t'arrêter.
Tu le referas à l'identique à la fin de chaque cycle. Autant le poser proprement dès la première fois.
Après ton échauffement habituel. Tu pars frais, pas en fin de séance. Sinon ton chiffre mesure ta fatigue du jour, pas ton niveau.
Une allure que tu tiens longtemps. Tu respires sans te presser. Le test ne cherche pas ta vitesse, il cherche jusqu'où tu vas sans pause.
Tu t'arrêtes quand tu dois t'arrêter. Souffle, bras ou tête, c'est le premier qui lâche qui décide. Si tu atteins la distance de ton objectif, tu sors, le test a déjà répondu. Un nageur qui te bloque dans la ligne, ce n'est pas un arrêt : tu repars.
Trois chiffres dans ton carnet. La distance tenue, le temps, et la longueur où l'envie de t'arrêter est arrivée pour la première fois.
La distance tenue devient la première ligne de ton plan, à côté de ton objectif. L'écart entre les deux, c'est le chemin à construire sur la saison. La longueur où l'envie est arrivée, tu la gardes : elle sert de repère quand tu travailleras la tête.
C'est pas une note sur toi, c'est un point sur la carte.
3. De 500 mètres à 2 km, une marche par cycle
Une fois ton chiffre posé, le découpage tient en une règle. Tu prends l'écart entre ton chiffre et ton objectif. Tu le divises par le nombre de cycles. Ça te donne la marche que chaque cycle doit monter.
Exemple. Ton test de septembre donne 500 mètres. Ton objectif, c'est 2 km sans t'arrêter, dans six mois. Trois cycles de deux mois, 1 500 mètres d'écart, donc une marche de 500 mètres par cycle.
Septembre et octobre, l'endurance. Tu allonges la distance nagée sans pause, séance après séance. Fin octobre, tu refais le test, la marche visée est à 1 000 mètres.
Novembre et décembre, l'endurance encore. Même dominante, la marche monte. Fin décembre, même test, cible à 1 500 mètres.
Janvier et février, la tête. Tu travailles le mental sur la durée, l'œil sur la longueur où l'envie de t'arrêter arrive. Fin février, le test vise les 2 km.
Ton rendez-vous de fin de cycle peut prendre une autre forme : une séance particulière, ou une course officielle si tu n'as jamais pris un départ. C'est toi qui vois. Garder le même test d'un cycle à l'autre a un avantage : tes chiffres se comparent directement.
Si un rendez-vous tombe sous la marche visée, ton objectif ne bouge pas. Tu refais le calcul depuis ton nouveau chiffre avec les cycles qui restent, ou tu ajoutes un cycle en décalant la date. Ça dépend de ce que ton calendrier te laisse.
Après ton échauffement, nage sans pause à une allure que tu tiens longtemps, jusqu'à devoir t'arrêter ou jusqu'à la distance de ton objectif. En sortant, note la distance, le temps et la longueur où l'envie de t'arrêter est arrivée. Ça a marché si tu repars avec ces trois chiffres et l'écart qui te sépare de ton objectif.