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Épisode 155 • Technique : Respiration & Alignement

Culbute et eau dans le nez
cinq secondes au fond pour régler ça

13 octobre 2025 19 min Technique : Respiration & Alignement

Dans l’épisode : Tu y entends pourquoi je compare le pince-nez aux petites roues du vélo, l'astuce de la dernière inspiration courte que certains de mes nageurs adorent et d'autres rejettent, et ce que je fais après une culbute ratée.

« Si tu souffles avec le nez, l'eau ne pourra pas rentrer. Si l'air sort, l'eau ne peut pas rentrer. »

« Je ne sais pas faire une culbute sans me remplir le nez, donc j'évite. » Alors tu touches le mur, tu tournes à la main, et la culbute reste pour les autres. Le blocage tient pourtant à un détail mécanique : tant que de l'air sort de ton nez, l'eau ne peut pas y entrer.

Souffler par le nez, on n'en a pas l'habitude, et la tête en bas ne laisse pas le temps d'y réfléchir. Ça s'apprend d'abord à l'arrêt, au fond du bassin, avant de passer dans la culbute. Tu as le déroulé, les signes à lire d'un virage à l'autre, et la suite quand le compte ne te demande plus d'effort.

1. Descendre et compter avant de pousser

Quand tu arrives au mur, tu ne pousses pas tout de suite. Tu te laisses descendre sous l'eau, tu restes au fond, et tu comptes : cinq, quatre, trois, deux, un. Ensuite seulement tu pousses et tu repars.

Pendant tout le compte, l'air sort par le nez. En continu, sans à-coup. Tu commences sur un virage simple, la culbute viendra après. Ici, ce qui compte, c'est la tête sous l'eau et le nez qui souffle.

Tu le fais sur tous les virages de la séance, pas sur un seul. C'est la répétition qui rend le geste ordinaire.

Un filet, pas une rafale. Par le nez, on a tendance à souffler plus fort et moins longtemps. Tu cherches l'inverse : un petit débit, juste assez pour que l'eau ne remonte pas.

Encore de l'air en poussant. C'est normal, et c'est voulu. Cet air-là, tu le finis pendant la coulée et les deux mouvements qui suivent.

Vide à la première inspiration. Le seul moment où tes poumons doivent être vides, c'est quand tu reprends de l'air après la coulée. Vide à ce moment-là, l'inspiration part toute seule, courte et rapide.

Si tu nages avec un pince-nez, tu peux le garder pour le confort et l'enlever de temps en temps sur une à trois longueurs, puis un peu plus souvent. Ce sont ces longueurs sans lui qui installent le réflexe. Le pince-nez cache le problème, le filet d'air le règle.

2. Ce que ton nez te dit d'un virage à l'autre

Chaque virage te donne une information. Pas besoin de chronomètre ni de regard extérieur. Tu observes, et tu ajustes au virage suivant.

Ça picote dans le nez. L'air a cessé de sortir à un moment du compte, souvent vers la fin. Au virage suivant, tu pars plus doucement pour avoir encore un filet sur le un.

L'envie de remonter avant la fin. Ton souffle part trop fort, tu te vides en deux ou trois secondes. Tu réduis le débit. Si cinq secondes restent trop longues, tu peux partir de trois et revenir à cinq quand ça passe sans forcer.

De l'air en trop à la reprise. Tu arrives à ta première inspiration la poitrine encore pleine. Pendant la coulée, tu peux souffler un peu plus franchement.

Tu ressors essoufflé. Regarde comment tu es arrivé au mur. Épaules serrées, corps raide : plus tu es crispé, plus vite ton corps réclame de l'air.

Il n'y a pas de bon débit universel. Il y a celui qui marche pour toi, ce jour-là. Tu le trouves en testant, pas en appliquant une consigne.

3. Quand les cinq secondes passent sans y penser

Le jour où le compte au fond ne te demande plus d'attention, tu passes à l'étape suivante : la coulée passive. Elle s'attaque à la phrase qui tourne en tête avant le mur, culbute égale manque d'air.

Pousser et ne plus bouger. Tu pousses au mur et tu glisses sans aucun mouvement, le plus loin possible, l'air qui file par le nez. Tu te relèves quand la glisse s'arrête.

Regarder où tu t'arrêtes. Le jour où ta glisse passive atteint cinq, six ou sept mètres, une coulée de cinq mètres après la culbute ne ressemble plus à un saut dans le vide. Ton esprit l'a déjà faite.

Tu restes dans ce que tu tiens sans forcer. La culbute complète vient quand le fond et la glisse sont devenus des endroits où tu souffles calmement, et plus des endroits où tu retiens ton air en attendant que ça passe.

À ta prochaine séance
Cinq secondes au fond, l'air par le nez

À chaque virage de ta prochaine séance, tu descends au fond, tu comptes cinq, quatre, trois, deux, un en laissant sortir un filet d'air par le nez, puis tu pousses. Ça a marché quand tu repousses sans picotement dans le nez et que tes poumons se vident au moment de ta première inspiration, pas avant.

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