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Épisode 215 • Interviews : Experts & Haut Niveau

L'odeur de chlore en piscine
ce que ta douche change dans l'eau

Avec Olivier Convert 22 avril 2026 67 min Interviews : Experts & Haut Niveau
Olivier Convert, Consultant en exploitation et usage des centres aquatiques
L'invité de cet épisode

Olivier Convert

Consultant en exploitation et usage des centres aquatiques

Olivier Convert est entré dans l'eau vers sept ou huit ans, sur le conseil d'un médecin, et il a très vite nagé en club. Il est ensuite devenu entraîneur de club, puis il a fait carrière dans la fonction publique territoriale au service du sport et de la natation.

Aujourd'hui à son compte, il accompagne la maîtrise, l'exploitation et l'usage des centres aquatiques, après une trentaine d'années dans le secteur. Il est aussi cofondateur des Agitateurs Aquatiques.

Dans l’épisode : Olivier raconte ce que l'eau change pour des personnes autistes, l'histoire derrière le plan des mille piscines et ce qu'une banquette de vestiaire mal pensée coûte aux équipes d'entretien.

« Si j'aime ma piscine et que j'ai la sensation de cuire dans une eau sale, je peux contribuer moi-même à la rendre propre. »Olivier Convert

Tu pousses la porte du hall, l'odeur te prend au nez, et tu te dis : ça sent le chlore, donc l'eau est propre. C'est l'inverse. Cette odeur, c'est la trichloramine, un gaz irritant né de la rencontre entre le désinfectant et ce que les baigneurs apportent : sueur, urine, cosmétiques, peaux mortes. Une odeur forte veut dire que le chlore a déjà eu beaucoup de matière à traiter.

Tu as deux gestes à ta main. Avant l'eau, une douche savonnée qui laisse cette matière au vestiaire. Après l'eau, une note de quelques secondes sur ce que ton nez et tes yeux ont perçu.

1. Ta douche avant l'eau, geste par geste

La douche du vestiaire ne sert pas seulement à te mettre à température. C'est là que tu retires ce qui, sinon, partira dans le bassin et réagira avec le désinfectant.

Ces gestes prennent quelques minutes. Prévois-les dans ton trajet, pour ne pas les sacrifier le jour où tu arrives juste.

Passe aux toilettes en premier. L'urine fait partie de ce qui réagit avec le désinfectant. Vide ta vessie avant la douche, pas après.

Du savon sur tout le corps. Le jet seul rince. Le savon emporte la sueur, les peaux mortes et les restes de crème ou de déodorant.

Le bonnet, cheveux rentrés dedans. Enfile-le après la douche, même cheveux courts. Il en laisse le moins possible dans l'eau.

Un maillot lavé depuis la dernière fois. Sors-le propre de ton sac et enfile-le au vestiaire.

2. Ce que ton nez et tes yeux te disent

Tes sens ne remplacent pas une analyse. Les équipes techniques relèvent les paramètres de l'eau deux fois par jour, le matin avant l'ouverture et en fin de journée, et les consignent dans un registre sanitaire. Toi, tu as ton nez, tes yeux, tes doigts sur la paroi.

Range chaque signal dans une de ces piles : ce que tu notes, ce que tu signales, ce qui te sert de point de comparaison.

À noter, l'odeur forte du hall. Ce n'est pas un excès de chlore, c'est beaucoup de matière qui a déjà réagi avec lui. Note le jour et le créneau. Si elle revient aux mêmes heures, tu tiens une piste pour choisir quand nager.

À noter, les yeux qui piquent. Même famille de cause. Note-le en sortant, en précisant si tu portais tes lunettes.

À signaler, une paroi glissante. Une couche presque grasse sous les doigts, c'est un biofilm, un dépôt où les bactéries s'installent. Dis-le au maître-nageur, en lui montrant l'endroit précis.

À comparer, rien qui sent ni pique. Un jour sans odeur ni yeux rouges devient ta ligne de base. Ce n'est pas une garantie : les bactéries, ce que les équipes craignent le plus, ne se repèrent pas au nez.

Une analyse qui sort des clous n'est pas forcément un danger non plus. Selon Olivier, neuf fois sur dix, ce n'est pas très grave pour les gens. Tes notes ne jugent pas l'eau. Elles t'aident à choisir tes créneaux et à savoir quoi dire au bord du bassin.

3. Le jour où l'équipe fait sortir tout le monde

Après une pollution fécale, l'équipe évacue le bassin, ramasse, surchlore, puis attend qu'un cycle fasse passer l'eau dans les filtres. Selon le volume du bassin, l'attente se compte en heures. Ce jour-là, trois gestes t'appartiennent.

Sors tout de suite. Remonte à l'échelle la plus proche sans finir ta longueur. Le maître-nageur n'a pas choisi ce moment, il protège tout le monde.

Signale ce qui flotte. Il surveille tout le plan d'eau et ne repère pas tout à distance. Si quelque chose flotte dans ton couloir, va le lui dire et montre-lui l'endroit.

Décide de ta séance à froid. Revenir plus tard dans la journée, décaler au lendemain ou lâcher cette séance. Tu choisis selon ton temps et ta semaine, une fois rhabillé.

À ta prochaine séance
Note tes trois signaux plus la date

Avant ta prochaine séance, crée une note sur ton téléphone avec quatre lignes : date et créneau, odeur du hall, yeux en sortant, paroi. Au vestiaire, douche savonnée et bonnet avant l'eau, puis remplis ta note après la douche de sortie. Au bout de quelques séances, tu vois quels créneaux te réussissent.

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